Montañesa

Montañesa

Au sud de la vallée d’Aure, quand on traverse les montagnes, naît la vallée du Sobrarbe. 

Lorsqu’on la descend, en rive gauche, l’emblématique Peña Montañesa jaillit sous nos yeux et paraît infinie. D’abord la face nord puis la face ouest, le canal mayor bordé par le pilier du Sobrarbe, la paroi centrale et enfin le Pempenus.

Ce sont d’immenses murs gris se dressent vers l’ouest. 

À la fois proches et lointains, il y règne une drôle de tranquilité où chaque chose paraît avoir une place dans l’ensemble. Les vautours dansent dans les airs puis plongent sur la paroi. Les chênes se plient et sourient dans le vent.

Les soirs d’automne, quand le ciel est clair et que le soleil s’étire, les murs se teintent d’un orange si pur que le cœur se serre et le monde paraît naître et se terminer au même endroit, au même moment.

J’ai appris à aimer son rocher, calcaire compact aux fines sculptures qui parsèment même les motifs les plus verticaux. 

Les itinéraires qui la parcourent ont su respecter le caractère sauvage de la montagne. Des lignes magnifiques à l’équipement parfois réduit au minimum, où il n’est souvent pas possible de tricher. On se retrouve alors face à soi même, maître de ses décisions, et de leurs conséquences.

Certaines journées se terminent avec un sourire qui traverse tout le visage, allongés sur la faja toro, retrouvant enfin l’horizontalité. 

D’autres fois, c’est vers le bas que se trouve la solution. Il faut alors accepter son impuissance face à ses murs si exigeants et certain.es ouvreur.es déchainé.es, surdoué.es, inspiré.es et inspirant.es.